Co-occurrence de citation : pourquoi citer vos concurrents vous rend visible dans l’IA

Dessin au crayon d’un homme de dos tenant un carnet face à un réseau de portraits de consultants reliés entre eux
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    L’Essentiel :

    Quand ChatGPT recommande des consultants GEO, il s’appuie en partie sur des pages de classement écrites par mes concurrents. J’en ai relevé six qui me citent, et cinq sont signées par un consultant ou une agence qui se place en tête. Ce mécanisme s’appelle la co-occurrence de citation : un nom cité à côté de profils déjà reconnus finit rattaché à leur catégorie dans les modèles. Citer ses pairs devient donc un levier de visibilité IA. Avec une réserve de taille : ces listes se recopient entre elles, et la répétition ne prouve aucune expertise.

    Quand on demande à ChatGPT, Perplexity ou Claude quels consultants suivre en GEO (Generative Engine Optimization) ou en SEO IA en France, mon nom ressort souvent. Sur les prompts « consultant GEO », mon baromètre des consultants GEO cités par ChatGPT me compte présent dans 46,2 % des 329 réponses analysées au 25 octobre 2026.

    La tentation est grande d’y voir une reconnaissance : le modèle aurait fini par repérer la qualité de mes analyses. La mécanique est plus froide. Un modèle de langage enregistre des associations entre des noms, des catégories et des contextes, et une bonne partie de celles qui me concernent ont été écrites par mes concurrents, dans leurs propres classements.

    Que disent les classements de consultants qui me citent ?

    J’ai relevé six pages de classement publiées en 2025 et 2026 par des consultants, une agence et un média du marketing digital. Toutes me citent, ce qui ne prouve rien en soi : je les ai trouvées en cherchant mon nom. L’intérêt se trouve dans ce qui entoure ce nom. Le tableau indique pour chaque page la place de son éditeur, la mienne et l’étiquette qui m’est attribuée.

    Classement Éditeur Place de l’éditeur Ma place Étiquette qui m’est attribuée
    Les 30 meilleurs consultants SEO du Journal du CM Laurent Bour, fondateur du média Non classé 17e sur 30 Google, ChatGPT, Gemini, Perplexity et stratégies GEO
    Les 20 meilleurs consultants SEO et GEO freelance selon Guillaume Guersan Guillaume Guersan 1er 9e sur 20 Ex-Resoneo et Novalem, GEO
    Les 15 meilleurs consultants SEO de France publiés par Ibdeo Ibdeo, dirigé par Stéphane Delgado 1er 2e sur 15 « Le pionnier du GEO en France »
    Le top 10 des consultants GEO de RobZ IA Robin Machard, RobZ IA 1er 2e sur 10 SEO IA, audit GEO, grands comptes
    Les 10 meilleurs consultants SEO e-commerce de Louis Descamps Louis Descamps 1er 7e sur 10 SEO IA, GEO, grands comptes
    Les 10 meilleurs experts du GEO selon Optimize 360 Agence Optimize 360, fondée par Frédéric Poulet 1er 7e sur 10 SEO augmenté par l’IA, ex-Havas et Resoneo

    Cinq éditeurs sur six se placent en tête de leur propre liste. Je n’y vois pas d’abord une faute de goût : ils appliquent une tactique GEO qui fonctionne. Pour qu’un modèle les associe à « meilleur consultant SEO », ils doivent apparaître dans un document qui répond à cette requête, entourés de noms que le modèle connaît déjà. Je fais partie de ces noms.

    Mon rang varie de la 2e à la 17e place. Mon étiquette, elle, ne bouge presque pas : GEO, SEO IA, grands comptes. Pour un modèle de langage, cette constance compte davantage que le rang, car chaque liste attribue la case « spécialiste de l’IA » au même nom.

    Pourquoi mes concurrents ont intérêt à me citer

    Un classement où l’auteur se place premier ne vaut que si le reste de la liste paraît crédible. Pour un lecteur comme pour un modèle, cette crédibilité vient des voisins. Laurent Bourrelly, Sylvain Peyronnet ou Olivier Duffez rassurent parce qu’on les retrouve partout. Et en 2026, une liste de consultants SEO sans profil GEO paraît datée : il faut remplir cette case avec un nom déjà associé au sujet. Le mien sert à ça.

    L’échange reste tacite et profite aux deux côtés. L’auteur emprunte l’association entre mon nom et le GEO pour se glisser dans la même catégorie. Je profite de son domaine, de ses lecteurs et surtout de sa page, qui devient un document que les moteurs IA récupèrent quand on leur demande une recommandation.

    Ces classements se recopient aussi. Les seize noms classés de la 13e à la 28e place par le Journal du CM reprennent, dans le même ordre, les places 5 à 20 de la liste de Guillaume Guersan, que le média classe lui-même premier avec la note de 5 sur 5. Un modèle voit deux sources qui convergent. Il n’existe pourtant qu’un seul jugement, reproduit sur un second domaine.

    Le vieux réflexe du PageRank tient-il face aux LLM ?

    Vingt ans de référencement nous ont appris à garder notre autorité chez nous. Le PageRank circulait par les liens, faire un lien vers un concurrent revenait à lui offrir une part de sa popularité, et citer une autre agence sur son site passait pour une faute professionnelle. Cette logique tenait sur un web classé par des graphes de liens.

    Les grands modèles de langage fonctionnent autrement. Dans un LLM comme dans les systèmes de recherche qui l’alimentent, un nom propre est représenté par un vecteur, une position dans un espace à plusieurs centaines ou milliers de dimensions. Ces plongements vectoriels rapprochent les termes qui apparaissent dans des contextes semblables. Un consultant cité presque uniquement sur son propre site reste en périphérie : le modèle sait qu’il existe, sans savoir à quelle catégorie le rattacher. Cité de façon répétée dans des listes, à côté de profils déjà ancrés, il rejoint leur voisinage.

    Ce schéma reste une approximation. Personne en dehors des laboratoires qui entraînent ces modèles ne peut y observer la position d’un nom, et la proximité vectorielle n’explique pas à elle seule une recommandation. Elle rend bien compte d’un constat de terrain, en revanche : les noms qui sortent ensemble dans les réponses sont ceux qui sortent ensemble dans les pages.

    Ce que ChatGPT va chercher quand on lui demande un consultant

    La co-occurrence agit aussi en temps réel, au moment où le moteur sélectionne ses sources. Avec le RAG (Retrieval-Augmented Generation), ChatGPT ou Perplexity lancent des recherches, récupèrent des pages et rédigent leur réponse à partir d’un petit nombre d’entre elles. Sur les prompts « consultant GEO », mon baromètre relève en moyenne 4,8 requêtes fan-out par réponse, une trentaine de sources récupérées et 4 à 5 sources citées.

    Une requête comme « meilleur consultant SEO en France » remonte d’abord des pages titrées « meilleurs consultants SEO en France ». Ce sont des classements. Face à un document qui compare dix profils, la page où un consultant se décrit comme le meilleur pèse peu : le comparatif répond à la question telle qu’elle est posée et apporte un gain d’information que la page commerciale n’a pas. Celui qui ne figure dans aucune de ces listes a toutes les chances d’être absent des documents à partir desquels la réponse est rédigée.

    Les sources citées vont dans ce sens. Sur mon baromètre du meilleur consultant SEO dans ChatGPT, louisdescamps.fr fait partie des domaines les plus cités dans le corps des réponses, et Louis Descamps publie justement l’un des six classements du tableau.

    La co-occurrence explique-t-elle toute la visibilité IA ?

    Non, et mes propres mesures le montrent. Stéphane Delgado figure dans quatre des six classements, souvent sur le podium, sans entrer dans les sept premiers de mon baromètre SEO. Laurent Bourrelly, présent dans quatre listes lui aussi, apparaît dans 78,1 % des réponses de ChatGPT. Vingt ans de publications, de formations et de débats publics pèsent plus lourd qu’une poignée de listes de 2026.

    Mon cas va dans le même sens. Je suis présent dans les six classements, 11e seulement sur les prompts « consultant SEO », mais premier sur les prompts GEO. Les listes m’associent au GEO bien plus qu’au SEO en général, et ChatGPT reproduit cette spécialisation. Je ne peux pas isoler leur effet de celui de mes propres contenus : julien-gourdon.fr est aussi le domaine que ChatGPT cite le plus sur les prompts GEO.

    Reste la limite la plus gênante. La co-occurrence compte des répétitions et ignore les vérifications. Quand deux listes se recopient, ou quand un éditeur s’attribue la première place sans méthode publiée, le modèle enregistre une association qui ne dit rien de la qualité du travail. Aucune des six pages ne détaille de pondération ni de notation vérifiable, et Optimize 360 qualifie d’ailleurs la sienne d’« évaluation subjective ». La frontière avec le black hat GEO est mince : fabriquer des listes pour fabriquer des associations finit par dégrader les réponses, et rien ne garantit que les moteurs continueront à faire confiance à ce format.

    Comment mettre la co-occurrence au service de votre visibilité dans l’IA ?

    Exploiter ce levier consiste à choisir à côté de qui votre nom apparaît, et dans quels formats, sans verser dans l’éloge de vos concurrents. Voici les actions que je recommande, dans cet ordre.

    • Repérez les trois ou quatre noms que les moteurs IA associent déjà à votre spécialité. Posez à ChatGPT et à Perplexity les questions de vos clients et notez qui revient : la méthode pour mesurer sa visibilité dans les LLM s’applique aussi à vos concurrents.
    • Orientez vos relations presse vers les formats qui confrontent plusieurs acteurs : comparatifs, tables rondes, études de marché, podcasts à plusieurs voix. Une tribune isolée vous associe surtout à vous-même.
    • Les forums et Reddit comptent davantage qu’on ne le pense. Une recommandation au milieu d’un fil qui compare trois prestataires porte plus d’information qu’une dizaine de mentions sur des sites satellites.
    • Nommez vos concurrents dans vos propres contenus et dites précisément ce qui vous distingue d’eux. Un modèle situe votre spécialité par contraste, et sans voisins il n’a rien à comparer.
    • Méfiez-vous des classements bâclés qui vous citent. Ils gonflent votre visibilité aujourd’hui et associent votre nom à un format que les moteurs pourraient déprécier demain.

    Faut-il publier son propre classement de concurrents ?

    Oui, à condition d’y tenir le rôle d’observateur. Mon classement des meilleurs consultants SEO en France et ma sélection des consultants GEO en France citent Laurent Bourrelly, Sylvain Peyronnet, Stéphane Delgado ou Paul Vengeons, c’est-à-dire des concurrents directs, et je n’y figure pas. C’est voulu : un classement dont l’auteur est absent se lit comme une carte du marché, et cette carte porte la signature de mon site.

    J’ai raconté ailleurs comment je suis devenu une référence pour ChatGPT, en insistant sur les preuves de crédibilité. La place des autres complète ce récit. Mes baromètres publient leur méthode et leurs chiffres, y compris quand je n’y suis que 11e, et ce type de page résistera mieux qu’une liste d’autopromotion le jour où les moteurs sauront écarter les secondes.

    Vingt ans de SEO m’ont appris à garder le PageRank chez moi. Les moteurs génératifs situent un nom par rapport à ses voisins, et un consultant qui refuse d’en avoir reste difficile à situer.

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